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Diego Garcia Lara

Garcia Lara





Né en 1997 au Mexique.
Vit et travaille à Paris et en Savoie (F).


« Je ne voulais plus dessiner par moi-même, je suis allé cueillir des fleurs » confie Diego Garcia Lara, comme un aveu de retour aux sources. Originaire de Savoie, l'artiste révèle une approche où la nature s'éprouve plus qu'elle ne se contemple.


De ses cueillettes découlent un mode opératoire : récolter, sécher, assembler, puis ajouter formes et contre-formes, les imprimer et bomber en positif et négatif, créant un enchevêtrement construit du bas vers le haut. Chaque élément appelle le suivant dans une dynamique de patchwork, où la cohérence émerge dans la juxtaposition des motifs. Ce travail progressif devient performatif, où Diego Garcia Lara enchâsse et déchasse, inscrivant sur le support des marques indélébiles, témoins d'une évolution fragmentée.


Fusain, encre, bombe, marqueur s'entrecroisent, toujours en noir et blanc, pour transcrire une nature désincarnée, aliénée. Cette esthétique naît de sa fascination pour les affiches de science-fiction des années 70, où il puise les contours d'un futur sombre devenu notre présent : celui d'une nature inexistante.


Semblables à des photographies fanées vues à travers une fenêtre voilée, ses paysages évoquent une nature zombifiée, incapable de se régénérer. Des mots en graffiti - « fantôme », « parasite » - ajoutent une révolte que les dessins naïfs d'une maison et de fleurs ne parviennent pas à alléger.

Ces présences candides n'apportent aucune légèreté ; elles révèlent plutôt une défloration de la nature, une innocence que les enfants, conscients de la situation, ne peuvent connaître.


Parmi les œuvres, une toile pastichant un tableau noir d'école mal effacé, interroge alors notre propre éducation dans l'apprentissage du regard sur la nature. Cette toile où il n'y a rien à voir, révèle que toutes les autres s'apparentent bien à des points de vue qui conditionnent notre perception, celle de l'expérience du vivant. Pourtant, comme le rappelle l'artiste, « À partir du moment où nous contemplons la nature, cela signifie que nous n'y sommes pas vraiment. »
 
Anne-Laure Peressin, texte du catalogue « L’art et la vie et inversement, Finale »,
Diplômés et Félicités 2024, Beaux-Arts de Paris Éditions.


Œuvres



Fuera, 2026, Diego Garcia Lara

Diego Garcia Lara

Fuera, 2026

15€

24 pages couleurFormat : 24 x 16 cmCouverture : souple à rabatsLangue : françaisParution : janvier 2..